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L'article 2 : Là, ça part gentiment en couille.

Le 11 juillet 2013, 22:20 dans Lifestyle 0

Ce meilleur ami, appellons le M, me présente ses amis, s'en suivent mes premières soirées, mes premières cuites, je me mets très cher et je finis souvent en culotte à rouler des pelles à toutes les filles et les garçons présents. Jusque là rien d'anormal, j'experimente, comme toute personne de mon âge. Je passe pendant ces années de très beaux moments, je fais des rencontres magnifiques, et dans les moments où nous picolons comme des trous je me sens enfin moi-même. Mais cela ne dure pas et le mal de vivre revient le lendemain quand je décuve à la maison. C'est pourquoi je commence à découcher de plus en plus souvent et longtemps, je m'absente deux semaines sans prévenir, je sèche les cours. Un soir à 5 grammes, mon meilleur ami et moi mélangeons notre sang grâce à un coup de cutter et finissons par nous rouler une pelle pour sceller le pacte : amitié pour toujours, quoiqu'il arrive, envers et contre tout. 

Mais ceci vient de signer la fin, et il tombe fou amoureux de moi. Il devient dingue, crée un blog où il ne poste que des textes qui me sont destinés accompagnés de photos de moi, et je perds mon repère. Il me fait peur, je suis désemparée, je l'aime mais pas comme ça, je ne veux pas lui faire de mal. On en parle, il sait que j'ai raison mais c'est plus fort que lui. Un soir je sors avec un garçon qui me plait beaucoup, et mon meilleur ami se jette sous une voiture. Des potes le rattrapent in extremis mais je crois qu'à ce moment il commence à me haïr et notre amitié tombe en lambeaux. Il devient hypocrite et plein de rancoeur tandis que je m'éloigne, meurtrie d'avoir perdue une partie de moi.

Je n'ai pas encore 16 ans quand je commence à traîner à l'endroit qui me mènera quelques mois plus tard à ma perte. Je commence à fumer des pétards avec des inconnus libertins, tout est malsain, je crâche du feu et traîne dans les rues avec des sdf et des punks à chien au lieu d'aller en cours. De toute façon, quand j'y vais, je me fais virer. Je me fous de tout, rien n'a d'importance, la vie m'importe peu, seul l'excès me fait frémir et me donne du plaisir. La journée donc je fais la manche complètement stone avec des gens qui se piquent à l'héroïne devant moi dans des parcs lugubres, je traine dans des squats crasseux et je m'habille le plus mal possible, je ne me coiffe pas, ne me maquille pas, commence à vouloir des piercing partout. Je crache sur les vieilles et je ne respecte plus rien, même pas moi-même. Mais ça me fait marrer, et tous les soirs je retrouve les amis que M m'avait présentés à l'époque et je bois jusqu'à vomir.

Mais je suis encore vierge et à présent ce qui fut ma fierté me fait honte : toutes mes amies libertines font à moitié le tapin depuis leurs 13 ans, et moi, je suis cruche, je n'y connais rien. Et complexée comme je suis, le sexe me terrorise. Depuis plusieurs semaines, toutes ne me parlent que d'un seul mec: un sdf toxicomane musicien, il paraît qu'il est mystérieux et beau comme un soleil et elles rêvent de le mettre dans leur lit et de s'imiscer dans son coeur, mais elles ne se font pas de films: il est inaccessible. 

Un jour, alors que je sèche les cours et picole sur le parvis d'une grande cathédrale, comme à mon habitude, je vois un type arriver, et je sais que c'est lui. Beau comme un soleil et accompagné d'une guitare. Nos regards se croisent et sans avoir besoin de parler, on sait ce qui arrivera. Il compose une chanson pour moi, on se revoit, il m'offre une bague, et je deviens son oxygène. Il se pique à l'héro et il a besoin de moi, je suis pure et lui bien loin de tout ça. Je le retiens de tomber quand il vomit, je l'admire. Je ne suis pas prête à faire l'amour, je n'en ai pas vraiment envie, mais je sais que si je ne le fais pas, il partira. Alors un matin, je le rejoins dans le lit du père d'une amie commune, il est nu et endormi. Je me déshabille sans bruit et je me glisse sous les draps à ses côtés, la suite reste un souvenir mauvais et très douloureux, et je repars en cours en boitant, mal à l'aise : quelque chose cloche, ça ne tourne pas rond, ça n'ira plus jamais entre nous, ça n'ira plus jamais tout court.

Le lendemain, il me téléphone, me dit qu'il m'aime et qu'il viendra me chercher à la sortie des cours. Mais il n'arrive pas et me rappelle: "je préfère qu'on reste amis". Plus tard j'ai su qu'il partait baiser une lesbienne, complètement défoncés à un subtil mélange de subutex et d'héroïne. Mon monde s'écroule et mon soleil n'est plus, et pour couronner le tout j'ai donné ma virginité à quelqu'un qui n'en vallait pas la peine. Il m'a trahie, salie, je m'écoeure et me persuade que plus personne ne me respectera jamais plus, que tous les hommes m'abandonneront à mon sort une fois qu'ils auront eu ce qu'ils veulent.

S'en suit une période d'abstinence de deux ans et demi. Plus rien. Le sexe m'écoeure, je sors avec plein de mecs et je les quitte pour des prétextes obscurs, avant qu'il ne se passe quoi que ce soit sous la ceinture.

Mais je continue ma descente aux enfers, si je n'ai pas de soleil alors je plonge dans l'obscurité. Je continue de boire, boire, boire, jusqu'a ne plus pouvoir m'en passer, je fume, je sniffe du poppers que j'achète a 10 euros dans les sexshop. Je commence à avaler des cachets inconnus, du protoxyde d'azote, à me shooter à l'éther, je mélange le tout et je perd connaissance en me cognant la tête sur un coin de table. Je me réveille, prise d'un fou rire : "et merde je suis toujours en vie." 

A 17 ans, j'obtiens mon bac en ayant séché plus d'un trimestre par an et en ne foutant strictement rien d'autre que de la défonce pure et simple: je suis réputée "droguée infernale" par les profs, mes anciens copains de classe téléphonent a mes parents pour leur dire que j'ai des fréquentations dangereuse, mais ça n'alarme pas plus que ça. Je vomis dans la voiture de ma mère quand elle me récupère a la gare, je m'enferme aussitôt dans ma chambre jusqu'au lendemain, et ce scénario tourne en boucle.

Je m'inscris en fac, j'ai mon premier studio : 9m², liberté !

 

 

L'article 1 : Le commencement.

Le 11 juillet 2013, 21:32 dans Lifestyle 0

Placer le décor pour ne rien omettre.

Je nais en bonne santé, quatrième enfant de la famille, quatrième fille précisément, n'en déplaise à mon papa maladroit. Je suis chouchoutée, chérie par toute la famille, et malgré les problèmes d'argent de mes parents, je ne manque de rien - si ce n'est d'une coupe de cheveux décente - et m'épanouis avec mes animaux et mes jouets dans le jardin.

Pleine d'imagination et de vie, je suis précoce dès mon plus jeune âge. Je me mets à marcher et à parler a 8 mois et entame ma première dépression à l'âge de 4 ans, parce que je suis "surdouée" et trop avancée sur ma classe. Les psys me surnomment Clara phénomène et font tout un tas de tests sur moi, avant de me faire sauter la dernière classe de maternelle, car je sais déjà lire et que je m'ennuie au plus haut point dans la vie. En primaire on me dira pour la première fois de ma vie que j'ai de trop grandes oreilles pour ma tête et ce commentaire qui m'arrache des larmes me poursuivra toute ma vie.

Malgré l'avis des psys et des professeurs, mes parents refusent que je prenne trop d'avance sur les enfants de mon âge, et donc que je saute à nouveau une classe, celle du CE2. Je grandis -trop vite- et passe au collège à 10 ans, je suis plus jeune et pourtant plus grande que tout le monde dans ma classe et je commence à complexer.

Comme nous vivons au fin fond du trou du cul du monde, je n'ai pas beaucoup d'amis dans le coin, et je commence très jeune à surfer sur le net et ça me vaudra plus tard de devenir une geekette de compete. Mes amis et mes premiers émois amoureux sont virtuels, entre temps à l'école, je sens un fossé qui se creuse avec les filles de mon âge et je commence à préférer traîner avec les garçons qui sont selon moi, beaucoup moins cons(pliqués?). J'ai tout de même quelques amies proches mais je me sens différente, j'ai le mal de vivre beaucoup trop tôt, je n'ai pourtant encore rien vécu.

Très jeune aussi j'apprends à détester mon paternel, qui ne me parle que pour me rabaisser, me rappeller à l'ordre et me harceler moralement, chose qu'il fit à mes trois soeurs de manière bien plus horrible, et qui pourtant me vaut encore aujourd'hui un énorme manque de confiance. Il traite ma mère comme de la merde, n'a jamais un geste une attention ou un mot agréable. J'ai l'impression de ne pas avoir eu de père, et quand je relis mes journaux intimes de mes 10 a 17 ans (période à laquelle j'ai quitté la maison), je le hais et rêve de le poignarder dans son sommeil. Ceci s'atténue une fois que l'on ne vit plus ensemble, et bien que ça soit un con fini, ça aurait pu être pire et je l'aime quand même -même s'il m'insupporte encore souvent-.

A l'école je ne fous rien, je suis une petite merdeuse hyperactive et peu concentrée, je fais des conneries et ça énerve mes professeurs mais fait bien rire mes camarades. Les garçons sont souvent amoureux de moi et parfois ils se battent, et ce n'est que le début. Pourtant je suis très complexée, je commence à m'habiller de baggys troués et de choses amples et larges car je complexe sur ma maigreur et ma taille élancée. Je n'ai déjà pas confiance en moi, je me sens différente, pas à ma place, pas assez forte, mais je commence à faconner ma carapace béton qui ne laisse absolument rien transparaître de tout ça.

A 14 ans, on me place en internat privé pour éviter le pire, car on voit bien que je commence à partir en vrille. Je ne suis pas studieuse, je pleure quand je suis seule, je me scarifie, je suis une ado rebelle qui porte des bracelets cloutés pour affirmer son mal de vivre, et qui revendique sa virginité à qui veut l'entendre. Malgré ces côtés puérils, je réfléchis, je philosophe, et je suis beaucoup trop lucide sur le monde qui m'entoure, et ça, ça fait peur à mes parents. 

Le je m'enfoutisme s'empare de ma petite personne et là c'est peine perdue pour me raisonner. Je suis une petite conne, je critique les plus faibles que moi pour oublier que je me déteste et que j'ai honte de ce que je suis, je me dis que c'est ma crise d'ado, que ça passera. Je m'ennuie, la vie me fait chier, je parle de suicide, je déprime constamment, je demande à mes parents qui n'écoutent jamais de m'envoyer voir un psy, j'appelle à l'aide mais ils refusent d'entendre; et dans des salles de classe vide, au lieu d'aller m'amuser dans la cour de récré, je passe des heures à refaire le monde avec mon meilleur ami, complètement décalé et déjanté, le seul à qui j'ose me livrer entièrement et qui me comprend. L'osmose amicale est donc possible, je me retrouve un peu en lui et on se promet de ne plus jamais se quitter et d'affronter ensemble ce système pourri et l'hypocrisie superficielle décadente de l'humanité.

 

L'article zéro : Pourquoi

Le 11 juillet 2013, 21:03 dans Lifestyle 0

Bonjour moi-même.

Je sais à peu près sans aucun doute que personne n'aura envie ni plaisir à lire ce blog, donc je me le consacre égoïstement à moi-même. Parce que le tournant que je prends dans ma vie m'amène à me perdre, mon passé me rattrape bien trop souvent et cette fois je veux avancer une bonne fois pour toutes - bien que jusqu'ici je n'ai jamais réussi cet exploit -. Je ne peux plus voir ni mon psychiatre ni ma psychanaliste depuis plusieurs mois, je me suis terrée à la campagne pour m'éloigner de mes vices, et peut-être qu'en relatant ma vie, j'arriverais à y voir plus clair. Si j'emprisonne les mots ici, alors ils sortiront de ma tête, n'est-ce pas ? :)

Je n'ai absolument aucune idée de comment je vais m'y prendre, dans quel sens, ce que je vais raconter, si j'y arriverai malgré ma mémoire délabrée et ce que j'ai refoulé ces dernieres années. Peut-être qu'après cet article il n'y aura plus rien. Peut-être qu'au contraire, je vais enfin réussir ce que j'entreprends et concilier la personne saine et vertueuse et le démon irratrapable qui cohabitent en moi.

Parvenir enfin à ne plus me détester, comprendre les névroses, les angoisses, le manque de confiance, la peur chronique de vivre ? Allez, on tente, sans retenue et sans honte puisque je suis seule ici.

 

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